Comment Google sait tout

Lambic, |06.05.2018 |Totalitarisme|2 commentaires

Google, le moteur de recherches, représente en septembre 2017 plus de 90% des requêtes effectuées, aussi bien dans le monde qu'en France.

Pour la plupart des gens, cela suffit à expliquer la puissance de Google, et ils haussent les épaules avec fatalisme lorsqu'on leur dit que Google connaît tout sur tout le monde. L'alerte leur semble légitime, mais un tantinet paranoïaque. Ils savent bien que les informations qu'ils saisissent dans le moteur de recherches peuvent en révéler long sur eux, mais d'un autre côté, ils savent aussi que ces informations demeurent fragmentaires et peu fiables.

Si ce raisonnement fonctionnait très bien jusque vers l'an 2000, il est complètement erroné aujourd'hui. En réalité, peu de personnes sont vraiment conscientes de la nature profondément totalitaire de l'entreprise Google et de l'éventail de ses méthodes d'espionnage pour ficher et surveiller en temps réel toute la population de la planète. La collecte des informations utilise de nombreux canaux, le moteur de recherches n'étant que l'un d'entre eux, et sans doute l'un des moins importants.

Une fois collectée, la gigantesque quantité de données que Google accumule est structurée et ordonnée automatiquement grâce aux progrès de l'algorithmique. Rappelons aussi au passage qu'il a été maintes fois confirmé que Google communique toutes ses informations à la NSA, les services spéciaux américains, sur simple demande et sans en informer personne - surtout pas les utilisateurs concernés.

Je vais tâcher de décrire ici les principales méthodes de surveillance de Google, en commençant par celles qui ont le plus grand impact, quoiqu'il soit difficile de les échelonner tant cette entreprise fait preuve d'une inventivité intrusive sans limite et d'un manque total de scrupules.

Android

Android est le système d'exploitation (OS) de Google pour les smartphones. Un OS, c'est pour ainsi dire le cerveau d'un ordinateur, le logiciel de base : il contrôle le matériel, ainsi que tous les autres logiciels ajoutés par la suite. L'entreprise propriétaire de l'OS est donc toute-puissante du point de vue technique. Or sur les téléphones mobiles, il n'existe absolument aucune loi ni pression de l'opinion publique qui limite l'intrusion de l'OS dans la vie privée (c'est historiquement un petit peu différent pour les ordinateurs).

En 2016, Android est installé sur 85% des smartphones vendus sur la planète. Toujours en 2016, le taux d'équipement en smartphones dans le monde est de l'ordre de 40% et en France, 65% de la population. On peut donc estimer, à la louche, qu'1 personne sur 3 dans le monde et 1 personne sur 2 en France sont équipées avec un téléphone sous Android.

Peu importe la marque du portable, Google contrôle Android de A à Z et a donc accès à l'intégralité de ce qui transite sur votre téléphone. L'appareil étant connecté en permanence aux serveurs de Google, chaque action est loggée et copiée chez eux en temps réel.

Cela veut donc dire qu'ils connaissent votre identité, espionnent vos communications téléphoniques, vos SMS, tout ce que vous faites sur Internet, vos e-mails… mais pas seulement. Votre emplacement physique est aussi tracé en permanence, y compris si le GPS est désactivé (le téléphone continue à être triangulé par l'opérateur mobile, c'est juste un peu moins précis), et cerise sur le gâteau, cela fonctionne même si le téléphone est éteint.

Ce n'est pas tout. Google repère vos contacts et les associe à des identités, des emails et surtout à des numéros de téléphone. Google se sert donc de vous pour espionner également votre entourage, peu importe qu'il soit ou non client Google.

Android est donc le spyware ultime. Pour avoir une idée de la tendance mondiale, notons que tous types de matériels confondus (smartphones, tablettes et ordinateurs), Android atteint désormais une part de marché d'environ 40% dans le monde, en constante progression et dépassant maintenant Windows.

Résumé : Par Android, Google connaît en temps réel quasiment toute la vie d'1 personne sur 3 dans le monde, et d'1 personne sur 2 en France. C'est à dire : où elle se trouve, grosso modo ce qu'elle est en train de faire, et l'intégralité de son utilisation du mobile - communications et activité Internet. Enfin, Google repère ses contacts et les espionne également.

Chrome

En 2017, 51% de la population mondiale utilise Internet. En France, c'est 85% de la population en 2016 et en outre, 74% des Français utilisent Internet tous les jours. On peut prédire que ces chiffres ne sont pas appelés à diminuer.

Bien évidemment, pas loin de 100% de ces internautes utilisent le web (même si ce n'est pas forcément un usage exclusif).

Chrome est le navigateur web de la société Google, ses concurrents principaux étant Mozilla Firefox et Internet Explorer de Microsoft. Chrome occupe une position dominante, avec une part de marché d'environ 50% en 2017, aussi bien dans le monde qu'en France, ce qui signifie très concrètement qu'il est utilisé par 1 internaute sur 2, peu importe le support (ordinateur, tablette, téléphone mobile).

Avec Chrome, c'est très simple aussi. Comme pour Android, Chrome est directement connecté aux serveurs de Google en permanence. Tout ce qui se passe sur Chrome est loggé et copié chez Google. La société sait donc absolument tout ce que vous faites sur le web. En outre, elle vous géolocalise, ce qui est particulièrement intrusif sur un smartphone.

Résumé : Par Chrome, Google connaît en temps réel, sur tout le web, ce que fait 1 internaute sur 2 - soit 1 être humain sur 4 dans le monde et 4 personnes sur 10 en France. Google connaît également la localisation physique de l'utilisateur durant sa consultation du web.

Les outils gratuits pour webmaster

A partir de la marchandisation générale du web dans les années 2000, Google a misé, à juste titre, sur la fainéantise des webmasters. L'entreprise s'est mise à proposer de nombreux outils très bien faits et gratuits, qu'il suffit d'insérer dans sa page web par un code javascript de quelques lignes. Le webmaster peut donc se dispenser de concevoir l'outil et se contenter de copier-coller un snippet Google à la place.

En tant qu'utilisateur, lorsque vous visitez la page web, votre navigateur cherche à accéder à l'outil et donc se connecte à Google, qui par contrecoup est informé que vous êtes en train de visiter la page. En réalité, le webmaster, par vénalité, égoïsme ou simple fainéantise doublée de naïveté, a vendu ses visiteurs à Google en échange d'un outil soi-disant gratuit.

Il ne s'agit pas de quelque chose d'anecdotique. Sur le web, les pages ne comprenant aucun outil Google sont excessivement rares, à tel point que c'en est peu croyable. Pour s'en convaincre, on peut consulter les Outils de développement de son navigateur > Console > section Réseau, ou bien installer un add-on comme Adblock Latitude dans Pale Moon et regarder la liste des éléments filtrables. On verra apparaître des connexions à Google sur toutes les pages, principalement :

  • Google Analytics, l'outil de comptage et de statistiques de visites de Google
  • Jquery, un module javascript open-source bien utile, que Google héberge généreusement (alors qu'il est possible de l'héberger localement, comme sur ce blog)
  • Les polices Google qui permettront à votre site d'être plus joli (alors qu'il est aussi possible de les héberger localement, comme sur ce blog)
  • Google Adsense, l'outil de publicité en ligne de Google
  • D'autres outils de Google, il y en a plein.

Là se trouve la plus grande force de Google : d'une part, la mise en place d'un filet d'espionnage invisible, omniprésent et qui cible tout le monde, y compris les gens qui n'utilisent aucun produit Google. D'autre part, une communication particulièrement lénifiante qui fait passer ces pratiques pour de la générosité, à tel point qu'il n'est pas rare de trouver comme conseil, dans les manuels de conception web, de faire héberger un maximum de choses chez Google.

A part les lieux comme ici, dont la fréquentation est négligeable, les quelques très rares sites exempts d'outils Google sont ceux de concurrents qui utilisent des méthodes absolument similaires : Facebook, Microsoft. En revanche, même Twitter, Whatsapp ou Tumblr par exemple, utilisent Google analytics.

Clairement parmi les pratiques d'espionnage de Google, celle-ci est la plus contre-intuitive et la plus ignorée du grand public. Quasiment personne n'en parle, alors que son impact est énorme et qu'elle permet à Google de récupérer une quantité phénoménale d'informations.

Résumé : Par ses outils gratuits pour webmaster, Google connaît en temps réel, sur presque tout le web, ce que font 99,9% des internautes (quelques geeks sachant comment se protéger).

Google le moteur de recherches

J'avais déjà indiqué que Google concentre plus de 90% des recherches effectuées sur le web. Le point important, c'est que le site est équipé d'un outil de traçabilité invisible qui permet d'espionner les clics effectués. Concrètement, lorsque vous cliquez sur un lien dans Google, l'adresse qui vous est indiquée est trompeuse. Vous êtes dirigés sur… Google lui-même, qui enregistre votre choix, puis après quelques fractions de secondes, vous réoriente vers le site demandé.

Par ailleurs, Google abuse de sa position de monopole sans aucun scrupule, en imposant des conditions iniques aux propriétaires de sites web. Par exemple, depuis quelque temps, il est devenu impossible de signaler à Google une adresse à ajouter sans créer un compte Google… pour lequel il est obligatoire de fournir une adresse e-mail, mais aussi un numéro de téléphone portable, dont l'activité est bien évidemment vérifiée !

Résumé : Par son moteur de recherches, Google connaît en temps réel les recherches web et la suite qui leur est donnée pour 90% des internautes. Il exerce aussi une pression énorme sur l'ensemble des propriétaires de sites afin de leur extorquer de l'argent ou des informations.

Youtube

Le célèbre hangar à vidéos est le second site le plus visité au monde… après Google le moteur de recherches. Youtube toucherait 1,5 milliards d'utilisateurs mensuels en 2017 (sur environ 4 milliards d'internautes d'après Wikipedia). En France, 37,5 millions de personnes iraient sur YouTube chaque mois, soit 81% de la population connectée.

Bien sûr, Google monétise abondamment sa plate-forme qui domine de la tête et des épaules le marché de la vidéo en ligne. Mais surtout, l'inclusion de vidéos dans des pages externes à Youtube étend considérablement l'envergure de la surveillance, sur le modèle des outils gratuits pour webmaster. Lorsque vous visitez sur une page qui contient une vidéo Youtube - et même si celle-ci ne démarre pas - Google sait immédiatement que vous consultez cette page.

Résumé : Par Youtube, Google connaît en temps réel, sur une partie du web - largement plus étendue que le simple site Youtube - ce que font tous les internautes.

Google maps

Le système est le même que pour Youtube, sauf que Google maps occupe une position un peu moins dominante. En revanche, cette application permet évidemment à Google d'associer des localisations à une personne et donc d'affiner sa surveillance.

Résumé : Par Google maps, Google connaît en temps réel sur une partie du web - largement plus étendue que le simple site Google - ce que font tous les internautes, et obtient des informations plus précises qui peuvent être reliées à une localisation physique.

Gmail

Gmail est le système d'e-mail hébergé par Google. Début 2016, Gmail disposerait d'environ 1 milliard de comptes actifs dans le monde (sur environ 4 milliards d'internautes d'après Wikipedia). Il est par ailleurs estimé à 23% de part de marché comme client web en 2017. Ces résultats laissent penser que dans le monde, au moins 1 internaute sur 5 utiliserait un compte Gmail.

Il est de notoriété publique que l'intégralité du contenu des mails entrants et sortants de Gmail est scannée par des algorithmes. Cela signifie que, non content de disposer de votre correspondance, Google la lit systématiquement, trie ses éléments jusqu'au moindre détail et les rattache de manière automatique à d'autres informations connues.

En outre, puisque Google épluche systématiquement une partie conséquente du flux mondial d'e-mails, il lit également une bonne partie de la correspondance des personnes qui n'ont pas de compte Gmail, mais échangent simplement des courriers électroniques avec des abonnés Gmail.

De proche en proche, cela permet aussi à Google de déterminer les contacts de tout le monde et de repérer de nouvelles adresses mails à espionner.

Anecdote assez grinçante, Microsoft a utilisé les pratiques scandaleuses de Google comme argument pour promouvoir Hotmail aux Etats-Unis, sur le thème : nous, on ne lit pas votre courrier. Bien évidemment, cela ne fait pas de Hotmail une messagerie recommandable pour autant.

Résumé : Par Gmail, Google connaît et analyse la correspondance e-mail d'au moins 1 internaute sur 5 dans le monde - soit 1 être humain sur 10. Google repère ses contacts et les espionne également.

Mozilla Firefox

Eh oui, Firefox ! J'ai gardé cette petite friandise pour la fin.

Le navigateur Firefox n'appartient pas à Google, mais Google fut le financeur principal, sinon quasi unique de la fondation Mozilla entre 2004 et 2014. En contrepartie, Google était le moteur de recherches de Firefox par défaut ; il l'est d'ailleurs toujours pour les versions françaises de Firefox.

Mais ceci, c'est la partie émergée de l'iceberg, les contreparties avouables sur lesquelles Mozilla communique publiquement.

Ce qui se passe surtout en coulisses, c'est que Firefox intègre des services de Google, activés par défaut, et donc comme avec les outils pour webmaster, votre navigateur se connecte chez Google de manière invisible. Cela se produit principalement au prétexte du safe browsing, qui compare les adresses de tous les sites visités avec une liste de sécurité anti-hameçonnage de Google - c'est pour ton bien mon enfant ! - en conséquence de quoi, Google est informé de tous les sites consultés. Firefox initie aussi une connexion vers Google pour effectuer une géolocalisation (point sensible notamment sur smartphone).

Pour le constater, il suffit de taper about:config dans la barre de navigation de Firefox, puis de taper google dans le champ de recherche. Apparaîtront quelques jolies adresses de serveurs de Google…

Résumé : Par Firefox, Google connaît en temps réel, sur tout le web, ce que fait une partie des internautes et peut en géolocaliser certains.

Comment se prémunir de cette surveillance de masse ?

Rien n'est plus difficile, du fait de la stratégie d'encerclement mise en place par Google. Cependant, il est quand même possible de faire des choses.

En premier lieu, n'utilisez pas les produits Google s'ils sont évitables :

  • Si vous le pouvez, évitez de posséder un téléphone mobile, car ce sont des machines-mouchardes effarantes qui ne possèdent aucune forme de sécurité… mais je l'avoue, ce n'est pas très facile. Sinon, préférez un portable ancienne génération, qui ne se connecte pas à Internet : il pourra moucharder votre localisation mais guère davantage, et ne sera pas sous Android. Enfin si vous ne voulez vraiment pas vous passer d'un smartphone, il sera peut-être légèrement moins dommageable de faire don de votre vie privée aux autres affreux que sont Apple ou Microsoft, car ils ont un peu moins de moyens d'espionnage par ailleurs.
     
  • N'utilisez jamais Chrome comme navigateur. Je ne conseille pas non plus Internet Explorer ou Edge (produits Microsoft). Préférez Pale Moon ou Firefox ; malgré leurs imperfections, ce sont les seuls que l'on peut sécuriser un peu.
     
  • N'utilisez jamais Gmail comme messagerie. Il y a vraiment moyen de trouver mieux, comme celle de votre fournisseur d'accès, par exemple.
     
  • Utilisez une alternative à Google comme moteur de recherches, en choisissant de préférence un site respectueux de la vie privée : Duckduckgo (le plus honnête, à mon avis) ou StartPage (qui donne des résultats Google anonymisés).
     
  • Préférez un concurrent à Google maps : Open street map ne vous espionne pas. Si vraiment vous ne le supportez pas, il y a Bing maps ou Yahoo maps qui appartiennent tous deux à Microsoft.

En second lieu, il faudra intervenir côté navigateur pour empêcher, autant que possible, Google de s'infiltrer partout.

Nettoyer Firefox

Personnellement, je recommande vivement d'utiliser Pale Moon, une variante de Firefox qui n'appartient pas à Mozilla et qui de manière générale, est vraiment plus respectueuse de la vie privée. La dernière version de Pale Moon ne contient plus certains mouchards Google.

Dans tous les cas, pour débarrasser Firefox (ou Pale Moon) des mouchards Google, tapez about:config dans la barre d'adresse. Tapez ensuite les valeurs à changer dans la barre de recherche.

  • Désactivez les listes de safe browsing en mettant browser.safebrowsing.enabled et browser.safebrowsing.malware.enabled à la valeur false. S'il n'y a pas de liste, tout va bien.
     
  • Désactivez la géolocalisation en mettant geo.enabled à la valeur false.
     
  • Si vous êtes parano, tapez google dans le champ de recherche. Pour toutes les valeurs commençant par browser.safebrowsing.provider.google… ainsi que pour geo.wifi.uri, remplacez les adresses de serveurs de Google par https://localhost.
Bloquer les outils gratuits pour webmaster

Cela, ce n'est pas documenté du tout, et un peu long. Donc très peu de gens le font.

Il faut commencer par installer un add-on de blocage un peu évolué. Je recommande Adblock Latitude pour Pale Moon.

Sous Firefox, Ublock Origin peut faire l'affaire, encore qu'il ne soit pas possible, comme dans Adblock Latitude, de  désactiver des règles dans les listes d'abonnement (ce que je trouve anormal et agaçant à titre personnel).

Ensuite, c'est le moment d'ajouter quelques règles maison pour bloquer les requêtes Google tierces, c'est à dire les appels à Google depuis des sites non-Google.

Adblock Latitude : Faites un clic droit sur l'icône Adblock Latitude et allez dans Filter preferences (préférences de filtres). Une fenêtre surgit. Allez dans l'onglet de droite : Custom filters (filtres personnalisés). En cas de besoin, cliquez sur les pointillés à droite pour faire apparaître la moitié droite de la fenêtre.

S'ils n'existent pas déjà, créez des groupes de filtres avec le bouton à gauche, par exemple Blocage, Masquage et Exceptions. Puis dans ces groupes, ajoutez des règles en utilisant le bouton de droite Add filter (Ajouter un filtre).

Voici des captures d'écran pour vous aider :

Ublock Origin : Cliquez dur l'icône Ublock Origin et sélectionnez l'icône symbolisant des réglages, celle qui indique Ouvrir le tableau de bord lorsque vous passez la souris dessus. Puis allez dans l'onglet Mes filtres.

Ajoutez des filtres, un par ligne. Une fois les filtres entrés, cliquez sur Appliquer.

Les filtres à entrer

Et voici mes règles à moi, vous pouvez les copier et les coller en bloc avec clic droit > coller dans la zone des règles personnalisées :

BLOCAGE

  • ! GOOGLE
  • google*.*/*$third-party,domain=~youtube.com|~google.com|~google.fr|~google.ca|~google.be|~google.ch|~googleapis.com|~deepmind.com
  • ||google.com/js/bg/*
  • ||*gstatic.com^$~image,third-party,domain=~google.com|~google.fr|~google.ca|~google.be|~google.ch

Note : les lignes commençant par un ! sont des commentaires.

Il se peut que quelques rares sites soient tellement liés à Google qu'ils en deviennent pour ainsi dire des annexes ; pour qu'ils fonctionnent, il faudra alors les ajouter en tant que domaines exclus (les noms de domaines commençant par ~).

EXCEPTIONS

  • ! GOOGLE JQUERY
  • @@||ajax.googleapis.com/ajax/libs/*$script
  • @@||ajax.googleapis.com/ajax/libs/*.css
  • ! AUTRE JQUERY
  • @@||code.jquery.com^$script
  • ! GOOGLE CAPTCHA
  • @@/recaptcha/*
  • ! AUTRE CAPTCHA
  • @@||api.solvemedia.com

Malheureusement, il n'est pas possible de tout bloquer, car l'absence de certains outils comme Jquery ou Captcha fait généralement planter les sites. On est obligé de laisser passer l'espionnage Google (et l'espionnage en général) dans ces cas de figure.

Sachez toutefois qu'un autre add-on comme Decentraleyes (pour Pale Moon - pour Firefox) peut compléter la panoplie en substituant un Jquery local au Jquery de Google. Ceci dit, même avec Decentraleyes, les règles d'autorisation sont nécessaires pour empêcher les sites de planter.

Si vous avez besoin d'autres services Google tiers, au détriment de votre vie privée, vous pouvez ajouter ces règles d'exceptions :

EXCEPTIONS

  • ! GOOGLE MAPS
  • @@||maps.google*
  • ! GOOGLE USER CONTENT
  • @@||googleusercontent.com$image
  • ! GOOGLE DOCS
  • @@||docs.google.com^

Pour vérifier l'application des règles d'Adblock Latitude, on peut consulter à tout moment Open blockable items (liste des éléments filtrables) depuis un clic droit sur l'icône. Allez sur un site autre que Google ou Youtube (par exemple le site du Monde, un beau nid à spywares) et regardez si des requêtes Google sont bloquées ! Elles doivent être en rouge.

Bloquer des espions non-Google dans la foulée

Bien entendu, on peut ajouter des règles similaires dans Adblock Latitude ou Ublock Origin pour bloquer les requêtes tierces vers Youtube, Facebook, Twitter ou d'autres réseaux sociaux qui disséminent partout leurs espions gratuits (petits logos, likes, +1...). Il existe un petit risque de casser des fonctionnalités dans certaines pages ; mais peut-être que cela vous importe peu, ou encore que vous n'utilisez pas du tout ces services et que vous vous en fichez totalement (c'est mon cas, et donc je les bannis partout hors de chez eux ! A part Youtube.).

Voici ma liste complémentaire de règles maison :

BLOCAGE

  • ! FACEBOOK (peut casser des applis facebook comme les jeux)
  • ||facebook.$domain=~facebook.com
  • ||fbcdn.net$domain=~facebook.com
  • ! TWITTER
  • ||twitter*.com^$third-party
  • twimg.com^$domain=~twitter.com
  • ! YAHOO
  • ||yahoo$third-party,domain=~yahoo.com|~yahoo.net|~yahooapis.com
  • ! GRAVATAR (casse les icônes gravatar, mais c'est le but)
  • ||gravatar.com^$third-party
  • ! LINKEDIN
  • ||linkedin.com^$third-party
  • ! CLOUDFRONT (peut casser certains sites, au pire ajoutez ces sites en exception après domain=)
  • ||cloudfront.net^$third-party,domain=~bitbucket.org|~ogs.readme.io|~ulule.com
  • ! 2 FILTRES PUISSANTS A USAGE GENERAL
  • /analytics
  • ||widget$third-party
  • ! SITES DE TRACKING REPANDUS
  • ||addthis.com^$third-party
  • ||addtoany.com^$third-party
  • ||baidu.com^$third-party
  • ||disqus.com^$third-party
  • ||lacentrale.fr^$third-party
  • ||reallifecam.com^
  • ||sharethis.com^$third-party
  • ||taboola.com^$third-party
  • ||truste.com^$third-party

Par ailleurs, les listes d'abonnement (notamment Easy Privacy) bloquent aussi un certain nombre d'espions mineurs. Enfin, certains acteurs envahissants comme Cloudfront ou Amazon sont très difficiles à interdire, car cela fait souvent planter les sites immédiatement… Youpi qu'il est beau le monde du Cloud.

Quoi qu'il en soit, il est toujours possible de mettre des règles assez restrictives, puis en cas de besoin, faire clic droit sur l'icône et suspendre temporairement l'application d'Adblock Latitude avec Disable everywhere (désactiver partout) ; ou encore autoriser une page de manière permanente  (ce qui veut dire : tout autoriser sur cette page, donc j'évite de le faire, à part pour des sites vitaux genre banque, impôts…).

Coda

Voilà, n'hésitez pas à me poser des questions en commentaire si vous souhaitez plus de précisions sur la sécurisation de Pale Moon ou Firefox, ou d'autres astuces pour utiliser les produits Google en étant un peu moins tracé.

Enfin, si vous souhaitez creuser plus en profondeur les innombrables techniques d'espionnage de Google, je viens de découvrir un bon dossier par ici.

2 commentaires

#1  Chonchon | 

Merci,
je n'étais pas content de la nouvelle version de firefox, ca tombe bien pale moon (je ne connaissais pas).
Je ne suis pas un geek et pourtant, j'ai réussi à tout appliquer, super les explications.
Il ne reste plus qu'à s'y habituer à présent.

#2  Lambic | 

Merci de ton message !

Oui, Pale Moon est basé sur une ancienne version de Firefox, mais il est régulièrement mis à jour pour prendre en charge les technologies récentes. Comme quoi tu n'es pas le seul à être agacé par les changements de Firefox ces derniers temps...

Les développeurs de Firefox sont focalisés uniquement sur leur part de marché en téléphone mobile et ne s'intéressent plus aux ordinateurs personnels. Leur stratégie, c'est l'imitation aveugle de Chrome, sans se dire que les gens préféreront toujours l'original à la copie.

Dans leur course à l'échalote, ils traitent leur public historique avec le plus grand mépris (il n'y a qu'à voir sur leur site comment ils répondent aux gens) et ne font plus aucun cas des possibilités de customisation et du respect de la vie privée qui avaient fait la réussite initiale de Firefox. Ils sont même en train d'abandonner leur système d'addons au profit de celui de Chrome, ce qui fait que 90% des modules Firefox ne seront plus utilisables dans les prochaines versions !

A mon humble avis, cela va se retourner contre eux et je pense que le nombre d'utilisateurs de Firefox reculera très fortement dans les prochaines années.

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